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  • Team building énergétique

    La crise énergétique est certainement un des thèmes dominants de ces prochaines années, et elle va avoir de fait un poids déterminant sur les échanges internationaux. Et il y a quelques jours, j'ai suivi un colloque assez fascinant à Paris pendant lequel un intervenant a tenté d'expliquer ce qui nous attend dans les années à venir sur ce sujet. Selon lui, les besoins énergétiques toujours plus élevés de la part de populations en plein développement sont particulièrement susceptibles de créer de nouveaux conflits à l'échelles internationale. A ses yeux, des sociétés nationales pourraient effectivement contrôler l’essentiel des hydrocarbures, ce qui envenimerait singulièrement les relations internationales. Face à la raréfaction des ressources énergétiques, certains pays pourraient même vouloir prendre des mesures pour se garder un accès à ces ressources. Dans le pire des scénarios, si les représentants de ces pays estimaient que l’accès aux réserves en hydrocarbure est fondamental pour le maintien de la stabilité politique de leur pays, des différends entre États pourraient naître. Mais même sans qu'il soit besoin de parler de guerre, on peut d'ores et déjà prévoir que, quand certains pays adopteront des tactiques agressives les garantissant d'une potentielle pénurie énergétique, les procédures mises en oeuvre auront de fortes conséquences dans les relations internationales : ce sont par exemple des réflexions de ce type qui poussent aujourd'hui l’Inde à devenir actionnaire dans les entreprises pétrolières... Et plus la concurrence prendra de l'ampleur avec les années, plus elle fera appel à une puissance militaire capable de créer des tensions, tensions pouvant aller jusqu'à l'engagement direct. Les nations détenant des ressources énergétiques trop faibles seront aussi tentées d'user du commerce de technologies sensibles comme moyens de pression pour constituer des relations privilégiées avec les pays exportateurs de pétrole. En clair, l'enjeu énergétique servira de plus en plus, au cours des prochaines années, à alimenter les tensions de la scène internationale, et ce phénomène ne devrait pas s'atténuer avant que ne soit engagée la transition énergétique. En tout cas, j'ai bien apprécié ce colloque. Je l'ai trouvé particulièrement bien organisé et fluide, ce qui est rarement le cas. D'ailleurs, je vous mets même en lien l'agence qui s'est chargée d’organiser ce team building.

  • Hitler et le christianisme

    Michel Onfray insiste sur le fait qu’Hitler n’était pas un païen. Quel est son rapport à l’idée de transcendance ? J. C. : Hitler est un déiste. Il parle tout le temps de providence, s’en réclame, mais la providence est pour lui l’autre nom de la nature et de ses lois. C’est une « transcendance immanente », logée dans le sang et la chair de la race. Hitler est un déiste de la nature, la nature étant la guerre zoologique permanente des espèces qui s’entre-tuent pour la maîtrise des espaces et de l’approvisionnement. Michel Onfray charge Pie XII et évoque une « politique de collaboration » à l’endroit du nazisme. Qu’en est-il pour les historiens aujourd’hui ? J. C. : "Collaboration" est un terme spécifique, qui renvoie à une réalité historique précise. Je parlerai plutôt d’une sympathie et d’une bienveillance manifestes de Pie XII à l’égard du nazisme. L’Église catholique fait de la politique avec les nazis pour mener son combat premier : la lutte contre le communisme. Il faut rappeler que la perspective d'une révolution épouvante Pacelli-Pie XII. L’histoire coloniale, refoulée, n’est pas débattue sereinement avec des regards croisés. Or l’Afrique n’est pas un ailleurs lointain ; elle est aussi un laboratoire qui, en grossissant les traits, joue un effet de loupe sur les sociétés de la planète et de miroir vis-à-vis de soi. Elle révèle des singularités et des niveaux extrêmes de pauvreté et de vulnérabilité mais également des universaux sur les valeurs, la dignité des hommes, le fait que la vie de toute personne a la même valeur. Plusieurs territoires africains connaissent avec amplification les crises liées, au désœuvrement des jeunes, aux trafics, au terrorisme, à l’islamisation de la radicalité. L’enrichissement y côtoie les vulnérabilités extrêmes. L’Afrique concerne le devenir de la France et de l’Europe. Tel un volcan, elle déploie à la fois ses énergies, sa violence et sa fertilité. «Les personnes qui sont tombées dans la violence et dans la haine. Une haine attisée par les compatriotes de tout poil, par les complotistes, pardon, de tout poil», s'est-il aussitôt repris. Et vous qu'en pensez-vous? Castaner vous ont-elles convaincu? Selon M. Castaner, ces «compatriotes de tout poil», «ce n'est pas le peuple, ce n'est pas la France, c'est une petite minorité». Cependant contre cette «petite minorité» comptant, selon lui, 10.000 personnes, parmi lesquelles des «personnes pacifiques et bien intentionnées»,un dispositif de 89.000 policiers et gendarmes est mis en place. La dernière mobilisation des Gilets jaunes a été marquée par d'importantes violences et dégradations urbaines dans la capitale française. Elles ont fait 133 blessés, dont 23 membres des forces de l'ordre, et ont conduit au placement en garde à vue de 378 personnes sur les 412 interpellées, selon un bilan communiqué par la préfecture de police dimanche. La relation complexe et complexée France-Afrique renvoie, dans un jeu de miroir, à deux discours inversés. À celui des Français hésitant entre ingérence et indifférence correspond celui des Africains oscillant entre le sentiment d’abandon et d’intervention néocoloniale. Les réseaux et le cordon ombilical ont été trop durables pour que des arrière-pensées ne soient présentes. La décolonisation tardive reste source de ressentiments. L’aide française s’élève en 2015 à environ 10 milliards euros par an mais les dons aux 17 pays prioritaires se situent à 200 millions. Elle continue de s’orienter principalement vers l’Afrique subsaharienne (59 % du total) dont la moitié vers des PMA. L’Agence Française de Développement (AFD) joue un rôle croissant avec 30% de l’aide déboursée dont 84% de prêts. Plus de 30 % de l’aide française est multilatérale. Durant la guerre froide, la politique économique de la France vis-à-vis de l’Afrique subsaharienne reflétait, dans la tradition gaulliste, l’importance géopolitique que Paris attachait à cette région (francophonie, votes aux Nations unies, enjeux pétroliers, crainte du communisme, etc.).